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« Nous attendons des réponses du gouvernement »

par Sébastien Fournier
Johanna Rolland
Temps de lecture : 4 minutes

Les maires de grandes villes et présidents de métropoles se réunissent à Nantes les 9 et 10 septembre, à l’occasion des journées de France urbaine, l’association qui les représente. Sa présidente, Johanna Rolland, maire PS de Nantes, résume pour Objectif Métropoles de France les enjeux de cette quatrième édition marquée par la crise sanitaire.

Propos recueillis par Sébastien Fournier

Dans quel état d’esprit sont les élus des grandes villes et des métropoles à la veille des journées de France urbaine ?

Il y a un forte attente eu égard au contexte sanitaire. Les territoires urbains ont été en première ligne durant la crise. Ils ont été fortement touchés – ils comptent près de la moitié de la population française. Face à l’épidémie les élus urbains ont pris dès le début leur responsabilité, parfois de manière très anticipée, en coordonnant leurs actions et en formulant au sein de France urbaine des propositions concrètes pour lutter contre l’épidémie. Nous avons été à la fois du côté de l’Etat et des personnels de santé pour protéger les Français : il n’y aurait pas eu tant de centres de vaccination ouverts s’il n’y avait pas eu une mobilisation des collectivités locales. Et puis nous avons soutenu les écosystèmes alimentaires dans les territoires, mis en place des aides financières et solidaires pour soutenir les plus fragiles. Dans ce contexte, nos finances ont été particulièrement impactées.

« Nous avons aujourd’hui 32 territoires qui sont volontaires pour expérimenter quatre scénarios pour lutter contre la pauvreté des jeunes. »

Vous allez recevoir le Premier ministre à Nantes. Que comptez-vous lui dire ?

Nous sommes dans un état d’esprit constructif avec le gouvernement. Mais nous sommes aussi exigeants. Nous avons beaucoup travaillé avec lui, nous avons fait des propositions et appelé à plus de concertation. Nos échanges nous ont conduits à signer un accord de méthode au mois de mai, pour l’inclusion sociale et républicaine. Mais nous sommes aujourd’hui en attente de réponses. A commencer par le financement des mobilités, il y a là un vrai sujet de préoccupation pour les grandes villes et métropoles. Deuxième point, la lutte contre la pauvreté des jeunes. Aujourd’hui, 32 territoires sont volontaires pour expérimenter quatre scénarios. Nous souhaitons passer un contrat territoires-État pour les tester et les évaluer durant deux ans.

« La décentralisation, c’est avant tout un nouveau contrat entre l’État et les collectivités locales. Et nous l’appelons de nos vœux. »

Et en matière de décentralisation ?

Une nouvelle étape doit être franchie. Cette question sera centrale durant nos travaux et sera le thème de notre plénière, vendredi. La décentralisation, cela n’est pas simplement une question de transfert de compétences, comme on l’entend souvent. C’est avant tout un nouveau contrat entre l’État et les collectivités locales. Et nous l’appelons de nos vœux.

Le texte de décentralisation, 3DS, qui devrait prochainement arriver à l’Assemblée nationale, n’en prend pourtant pas le chemin…

France urbaine a accompagné ce projet de loi parce qu’il apporte un certain nombre d’améliorations qui sont plutôt d’ordre technique. Cela est nécessaire. Mais le texte peut évoluer. Nous serons vigilants sur la question des métropoles afin qu’il n’y ait pas de recul comme cela aurait pu se produire lors de l’examen du texte au Sénat. Cependant nous attendons la confirmation du calendrier car il y a la tentation d’un report.

« Il n’y a pas tant de différence entre un jeune d’un territoire rural dit délaissé et un jeune d’un quartier populaire au sein d’un grande métropole. Parfois, ces deux jeunes ont le même sentiment d’être abandonné par la promesse républicaine. »

Beaucoup de voix s’élèvent contre les métropoles. Comment réagissez-vous à cela ?

Je porte à France urbaine avec mes collègues l’idée d’alliance des territoires. Plutôt qu’opposer les territoires entre eux – il y a parfois de l’instrumentalisation – nous devons chercher des solutions gagnant-gagnant. C’est de la réciprocité et de la complémentarité. Nous travaillons dans cet état d’esprit et le faisons dans chaque territoire. D’ailleurs cette question figure explicitement dans les accords de relance que nous passons avec le gouvernement.

Vous savez, contrairement à ce qui est parfois dit, il n’y a pas tant de différence entre un jeune d’un territoire rural dit délaissé et un jeune d’un quartier populaire au sein d’un grande métropole. Parfois, ces deux jeunes ont le même sentiment d’être abandonné par la promesse républicaine. Nous avons besoin de rassembler.

Vous parliez de relance, où en sont les accords passés avec l’État ?

Nous avons signé un accord de méthode en mai dernier avec le Premier ministre pour permettre la relance par une réelle territorialisation des crédits. Force est de constater que nous avons aujourd’hui des situations assez inégales dans le pays. Aussi, il faudrait revoir la méthode. Dans le plan de relance, il y a 69 appels à projets. Franchement, en terme d’efficacité, je pense qu’on doit pouvoir faire mieux.

 

Stéphane Le Foll n’ira pas à Nantes

Le maire PS du Mans Stéphane Le Foll a fait savoir lundi 6 septembre dans un tweet qu’il ne se rendra pas aux journées de France urbaine. En cause : la proximité de Johanna Rolland avec la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.

Tweet de Stéphane Le Foll

Tweet de Stéphane Le Foll © Twitter

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