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Le logement en crise

par Sébastien Fournier
Temps de lecture : 2 minutes

Les chiffres officiels du gouvernement sont tombés ce jour : l’an dernier, 376 700 logements ont été mis en chantier, soit un recul de 6,9 %. Cette baisse est relativement limitée, mais elle ne témoigne que des effets immédiats de la crise sanitaire du Covid-19 et des confinements mis en place contre la propagation du virus, en particulier au printemps 2020.

Avec l’AFP

Le secteur du logement est marqué par des restrictions très sévères et des incertitudes sur les activités autorisées. Le premier confinement a bloqué de nombreux chantiers, le temps de mettre en place des mesures sanitaires, lesquels ont vite redémarré durant l’été. C’est à plus long terme que l’avenir s’annonce difficile. Indicateur de l’évolution à venir, le nombre de permis de construire a chuté de 14,7 % à 381 600 logements autorisés. Cela signifie que le recul de la création de logements risque encore de s’accentuer cette année alors même que la crise économique renforce l’urgence d’une offre suffisante en matière d’habitations. Un déclin durable du logement neuf serait préoccupant au-delà de ce seul secteur économique. Une offre suffisante de logements permet de contenir les prix, un enjeu crucial pour une économie en sortie de crise.

Pourquoi ce déclin persistant des permis ? Au-delà des blocages liés à la crise, le secteur du logement évoque régulièrement la timidité de nombre d’élus locaux à autoriser des logements.

Des maires dogmatiques

Le gouvernement ne manque pas d’en renvoyer la responsabilité à certains maires face auxquels il a durci ses propos ces dernières semaines. « Certains maires sont très dogmatiques et disent « j’arrête tout » , comme à Bordeaux, Lyon ou Marseille », déclarait mi-janvier la ministre du Logement, Emmanuelle Wargon, sur Radio Immo.  « Il faut (…) les mettre face à leurs contradictions », a-t-elle poursuivi. « Arrêter tout, ce n’est pas au bénéfice de leurs habitants. » Les grandes villes citées par Emmanuelle Wargon ont un point commun : elles ont élu l’an dernier de nouveaux maires écologistes ou, comme à Marseille, ayant le soutien des écologistes.

De leur côté, les professionnels du logement s’inquiètent des conséquences d’un discours écologiste défavorable à la « bétonnisation » d’autant que celui-ci est largement repris par des élus d’autres bords politiques, y compris à droite.

Mais le secteur cible aussi l’attitude du gouvernement : s’il a mis en place une incitation financière pour que les maires autorisent plus de logements, il a aussi annoncé récemment de nouvelles règles pour limiter les effets de la construction sur l’environnement. Cette « réglementation environnementale 2020 » (RE 2020) prévoit par exemple l’interdiction du chauffage au gaz. Elle est jugée trop stricte par le secteur qui assure qu’elle va encore plus plomber la création de logements en rendant ceux-ci plus chers.

Un vaste panel d’organisations, qui va du monde HLM aux fédérations du bâtiment en passant par les promoteurs, a encore réclamé cette semaine le report de son entrée en vigueur, prévue cet été.

« Le rythme de construction actuel ne suffit pas à satisfaire les besoins en logement », ont insisté dans un communiqué commun ces organisations qui estiment que l’on pourrait « tomber durablement à 300 000 logements mis en chantier annuellement sous l’effet de ces contraintes ».

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