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Synthèse du grand débat : les maires des grandes villes à l’Elysée

par Yoanna Sallese
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Les maires de grandes villes et présidents de Métropoles sont reçus le 9 avril 2019 par le président de la République, dans le cadre de la synthèse du grand débat. L’occasion pour eux de présenter leurs 53 propositions, en partie dévoilées lors des journées France urbaine à Toulouse, le 28 et 29 mars dernier.

Par Yoanna Sallese

Au tour des maires des grandes villes et des présidents de Métropoles d’être reçus le mardi 9 avril à l’Elysée pour apporter leur contribution à la synthèse du grand débat. Selon nos informations la délégation, conduite par le maire de Toulouse, Jean-Luc Mondenc président de France urbaine, sera composée de Gérard Collomb, maire de Lyon, Nathalie Appéré, maire de Rennes, Johanna Rolland, maire de Nantes, André Rossinot, président de la Métropole du Grand Nancy et Catherine Vautrin, présidente de la Communauté urbaine du Grand Reims. Seront également présents la ministre de la Cohésion des territoires Jacqueline Gourault et le ministre chargé des Collectivités territoriales, Sébastien Lecornu.

Achever la décentralisation

Il sera question d’organisation territoriale, bien évidemment. Des réponses que les territoires urbains estiment pouvoir apporter à la crise que traverse notre pays. Les maires remettront à Emmanuel Macron un document comprenant 53 propositions classées en 15 thématiques allant de la cohésion sociale et territoriale, jusqu’au sport, en passant par la transition énergétique. Un document fourni, un peu technocratique dont les propositions parfois décalées, semblent éloignées des attentes exprimées par les Français.

Parmi ces propositions, les élus demandent que le processus de décentralisation soit achevé. Ils revendiquent « un pouvoir d’agir local sans entrave pour mettre en œuvre au plus près des habitants des politiques publiques qui ne justifient plus aujourd’hui une intervention de l’Etat ». A cette fin, ils souhaitent que le principe de différenciation soit inscrit dans la Constitution, à savoir adapter la loi en fonction des spécificités locales.

Maintenir le lien citoyen-collectivité

Les élus urbains soulignent la nécessité de conserver une contribution fiscale des administrés sur leurs territoires. A ce titre, ils restent critiques sur la suppression de la taxe d’habitation, qui aurait pour conséquence de couper le lien entre résidents et collectivités. « Nos compatriotes demandent plus de justice fiscale sans souhaiter renoncer aux services publics », assurent-ils. Pas sûr que ce soit au goût des Français, qui majoritairement demandent des baisses d’impôt.

Des métropoles en attente de légitimité politique

Les édiles remettent au goût du jour un sujet épineux celui du mode d’élection, par le suffrage universel direct, des représentants des métropoles et des grandes intercommunalités. Les maires des petites communes et des territoires ruraux ont toujours été opposés à ce principe. Au cours des dernières années, ils ont même réussi à faire capoter les dispositifs visant à étudier sa mise en application, prévues dans la loi Maptam de 2014.

Selon les élus urbains, cette mesure permettrait de donner une vraie légitimité politique aux intercommunalités. « Au regard des budgets que gèrent les Métropoles, il est scandaleux que les citoyens ne puissent pas élire directement leurs présidents ». A y regarder de plus près, cette proposition, intéressante sur le plan démocratique, est contraire aux attentes des Français qui veulent de la simplification dans l’organisation territoriale.

Création d’un ministère de l’Aménagement

La création d’un ministère de l’Aménagement fait également parti des propositions. Celui-ci regrouperait les portefeuilles du logement, de l’urbanisme et de la politique de la ville indispensable pour mener des politiques publiques cohérentes et structurées. Concernant la mobilité, les élus urbains s’accordent à dire qu’il faut financer davantage les déplacements du quotidien, comme l’envisage le gouvernement à travers le projet de loi LOM. Mais pour autant, ils souhaitent que les grands projets d’infrastructures ne soient pas abandonnés.

Enfin, les maires des grandes villes veulent qu’une partie de la taxe carbone soit bien fléchée vers les intercommunalités et les Régions afin de financer les actions locales encourageant le développement durable.

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