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Raphaël Adam, maire de Nanterre : servir sans relâche

par Sébastien Fournier
Temps de lecture : 4 minutes

À 37 ans, Raphaël Adam incarne une nouvelle génération d’élus de terrain. Maire de la cinquième ville d’Île-de-France depuis 2023, il revendique un engagement sobre, populaire et déterminé. À Nanterre, il défend une écologie concrète, un urbanisme humain, et la promesse que chaque jeune puisse rêver ici sa vie d’adulte. Prendre la suite de Patrick Jarry, figure historique de la ville, n’était pas chose aisée. Mais Raphaël Adam le fait avec une énergie maîtrisée et une vision claire. Gouverner, c’est protéger, relier et inspirer.

Par Sébastien Fournier

Il parle avec une chaleur maîtrisée, tout comme s’il voulait mettre à distance le tumulte du quotidien. Raphaël Adam a été élu maire de Nanterre en 2023. Patrick Jarry, le précédent édile de la ville a souhaité lui transmettre le relais en estimant qu’après 35 ans comme conseiller municipal et vingt ans comme maire, il était nécessaire de passer la main à un nouvel élu, plus jeune, pour continuer d’écrire l’histoire de cette ville qui se transforme tout en restant populaire. Le nouvel élu ne vient pas de nulle part. Il a été élu conseiller municipal à 21 ans, mais son engagement remonte à bien plus loin. « J’étais toujours à la mairie, les jours d’élection, dans un petit village avec mes parents, à tenir le bureau de vote », confie-t-il. Bourguignon d’origine, il revendique son ancrage nanterrien comme un choix de vie : « On peut arriver à Nanterre par hasard, mais on y reste par choix. »

Bourguignon d’origine, il revendique son ancrage nanterrien comme un choix de vie : « On peut arriver à Nanterre par hasard, mais on y reste par choix. »

Son quotidien est une traversée de contrastes : réunion à la préfecture, visite d’école, chantier de mobilité, présentation du budget participatif, ou encore présence auprès de familles touchées par un drame. « Une journée type ? Toutes les 30 minutes, on me demande un arbitrage sur un sujet différent. C’est la charge mentale du maire : ne jamais fléchir, garder une vision globale. »

Une écologie populaire, vivante, collective

Chez Raphaël Adam, l’écologie n’est ni posture ni verdissement cosmétique. Elle s’enracine dans des actes : Plus de 5 200 arbres plantés, végétalisation des cours d’école, agriculture urbaine, alimentation bio dans les cantines. Mais surtout, elle s’incarne dans une démarche collective : Bourse de la transition, conseil citoyen, ou permis de végétaliser.

« Un arbre, ce n’est pas juste un symbole. C’est une réparation urbaine, un bouclier climatique, une réconciliation avec le vivant. Et à Nanterre, on ne plante pas un arbre pour un arbre abattu, mais quatre », explique-t-il.

« Ce n’est pas qu’un sujet d’aménagement, c’est d’abord un sujet d’habitants. Transformer un quartier, c’est bouleverser des vies. Il faut le faire avec tact, avec mémoire, avec justice. »

Raphaël Adam ne conçoit pas la rénovation urbaine sans une exigence sociale : « Ce n’est pas qu’un sujet d’aménagement, c’est d’abord un sujet d’habitants. Transformer un quartier, c’est bouleverser des vies. Il faut le faire avec tact, avec mémoire, avec justice. » Il insiste : « Les projets ne doivent pas déposséder, mais permettre à chacun de rester Nanterrien. Oui, ce que je veux, c’est que ceux qui aiment leur ville puissent y vivre, y grandir, y vieillir. »

Récemment un incendie a frappé un immeuble derrière la préfecture des Hauts-de-Seine. Les familles sont dehors, choquées. Raphaël Adam est là. Il ne fait pas de discours. Il écoute, rassure, appelle les services. Dans pareil cas, « certains savent où dormir, mais aucun ne sait quand ils retrouveront un toit. » Ce jour-là, il n’était ni stratège ni porte-parole, juste un maire auprès de ceux qui ont tout perdu. C’est peut-être là que se joue sa vision du pouvoir local : une présence réelle, sans posture, dans les heures difficiles comme dans les moments plus joyeux.

« On a rénové les murs, mais pas assez le lien entre la jeunesse et les institutions. C’est à nous, élus, de prendre ce sujet à bras-le-corps ».

La mort de Nahel, en 2023, a profondément marqué Raphael Adam qui n’était à l’époque que maire-adjoint. « On a rénové les murs, mais pas assez le lien entre la jeunesse et les institutions. C’est à nous, élus, de prendre ce sujet à bras-le-corps ». Il refuse la stigmatisation, rappelle les efforts menés pour retisser la confiance : soirées des jeunes talents, accompagnement des parcours par des associations comme Les Lumières de Nanterre, et une parole constante : « À Nanterre aussi, on peut accomplir ses rêves. »`

Un maire qui soigne autant qu’il gouverne

À Nanterre, la santé publique n’est pas un domaine réservé de l’État ou des professions libérales. Raphaël Adam y voit un engagement historique de la commune, et une responsabilité directe envers les plus fragiles. « Dès les années 60, on s’est battus pour créer des centres municipaux de santé. Aujourd’hui encore, on défend ce modèle : un accès aux soins pour tous, sans condition de ressources, sans renoncement ».

Dans un contexte de désertification médicale et de pression sur l’hôpital, la ville maintient une offre de soins municipale étendue. Elle a même été pionnière, raconte le maire, dans la reconnaissance juridique de ce service public, face à l’opposition des professions libérales. « Ce que nous voulons, c’est garantir à chaque habitant une médecine de proximité, humaine, abordable. »

Sur la Métropole du Grand Paris, il se montre mesuré. « Elle a son utilité, notamment pour dépasser les limites administratives. ». En revanche, il critique sans détour les mariages forcés de communes.

La parole de Raphaël Adam se fait plus technique, mais toujours habitée par une ligne claire : protéger l’autonomie de la ville. Sur la Métropole du Grand Paris, il se montre mesuré. « Elle a son utilité, notamment pour dépasser les limites administratives. ». En revanche, il critique sans détour les mariages forcés de communes imposées dans le cadre des Établissements Publics Territoriaux : « On ne partage ni les réalités, ni les projets. La gouvernance devient un exercice de négociation permanente. »

Logement social

Pour lui, une ville comme Nanterre doit garder la main sur son urbanisme, ses équilibres sociaux, sa trajectoire. « Le logement social n’est pas un gros mot ici. Nous faisons de la mixité, pas de la gentrification. » Il revendique la création de plus de mille logements sociaux en dix ans, et une répartition équilibrée des types d’habitat dans tous les quartiers.

Raphaël Adam parle avec précision, gravité, et conviction. Il prend le temps de peser ses mots, de construire sa pensée. Dans un monde politique souvent pressé, il impose un autre rythme : celui de la réflexion et du lien. Son engagement n’a rien de spectaculaire et c’est peut-être là sa plus grande force. Maire de terrain, il incarne une génération qui ne renonce ni à la rigueur, ni à l’espérance. À Nanterre, il gouverne en artisan : avec méthode, fidélité, et le souci permanent de ne laisser personne de côté.

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