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Le bâtiment en route pour réduire son impact sur l’environnement   

par Sébastien Fournier
Logements à Bordeaux
Temps de lecture : 2 minutes

Les acteurs publics et privés du bâtiment s’activent pour définir la meilleure façon d’appliquer la réglementation RE-2020 qui élargit les exigences au-delà des aspects thermiques. Ils ont fait un point d’étape lors du salon ENER-J à Paris.

Par Marc Fressoz

Éviter de complexifier les efforts entrepris pour réduire l’empreinte des constructions neuves sur l’environnement : cette volonté a clairement émergé lors du salon ENER-J qui s’est tenu à Paris le 6 février. Elle fait indéniablement écho à la volonté affichée du Premier ministre Gabriel Attal de simplifier les normes.

En matière d’efficacité énergétique, « nous sommes les meilleurs dans l’Union européenne pour la production de bâtiment neufs où nos règles sont en ligne avec la taxonomie. On peut faire mieux mais attention à ne pas assécher l’athlète » prévient Frank Hovorka, président de l’Association des ingénieurs et technicien climatiques (AICVF), en désignant les différentes filières en jeu.

En toile de fond figurent l’application progressive de RE-2020 un ambitieux corpus de réglementations environnementale applicable depuis 2022 aux bâtiments neufs et valable jusqu’à fin 2030.  L’enjeu est de définir un label garantissant le respect des obligations durant le cycle de vie d’un bâtiment (construction, utilisation, etc.) mais aussi de préparer l’après 2030.

Du berceau jusqu’à la tombe

Le sujet est complexe car il s’agit de faire une chasse globale au CO2 mais aussi de veiller, entre autres, à un usage vertueux de l’eau, à la qualité de l’air dans les maisons. « On est passé d’une réglementation technique limitée au thermique à une réglementation technique environnementale », détaille Philippe Nunes, le directeur général du salon ENER-J, spécialiste en performance énergétique. En matière de CO2 il s’agit de faire la chasse « du berceau jusqu’à la tombe », résume-t-il, autrement dit des matériaux utilisés jusqu’à la destruction du bâtiment.

Face à la lourdeur de la démarche, les pouvoirs publics ont préféré asseoir tout le monde, public (Ademe, CSTB) et privé, autour de la table à travers le Groupement d’intérêt écologique (GIE) Cap 2030. Installée à l’automne 2023, cette structure, présidée par Marjolaine Meynier-Millefert, députée Renaissance de l’Isère, doit en principe offrir un levier partagé, pour contrôler la production de règles et orchestrer la montée en puissance des obligations.

Au sein du GIE, 9 groupes de travail thématiques (neutralité carbone, mesure des performances, énergie et réseau, qualité de l’environnement intérieur etc.) phosphorent déjà, « avec succès, certains webinaires ayant dépassé les 2000 personnes », témoigne Julien Hans, directeur du département énergie au CSTB. Il envisage une méthodologie de travail pour le printemps et des expérimentations locales.

Un cadre de référence

Volontaristes, les parties partantes émettent toutefois des réserves. « On est d’accord pour faire des expérimentations, mais là où on commencera à en faire des normes locales ce sera un problème », avertit Frank Hovorka.

A l’inverse, l’uniformisation des normes sous l’égide d’un label pour n’est pas souhaitée. « Le GIE nous permet de partager nos points de vue sur la démarche plutôt que sur la mise en place d’un label unique qui écraserait tout » approuve Marjolaine Meynier-Millefert. Si c’était le cas, cela freinerait l’innovation ». Les acteurs penchent plutôt en faveur d’un cadre de référence qui puisse évoluer dans le temps et « dans lequel on puisse apporter des solutions », plaide Olivier Servan de Saint-Gobain Solutions France. « Nous avons le temps de réfléchir sur la manière d’appliquer RE 2020, nous sommes encore dans une période de brainstorming assez touffu », conclut-il.

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