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La ville cyclable accélère à la faveur du Coronavirus

par Sébastien Fournier
piste cyclable à Paris

Plusieurs villes dans le monde ont mis en place des pistes cyclables temporaires pour permettre aux habitants de se déplacer en période de confinement. En France, on y songe mais plutôt pour la phase d’après pour éviter la promiscuité dans les transports publics. Le vélo deviendrait-il un des remèdes à la crise ?

Par Sébastien Fournier

Partout dans le monde, les mesures de confinement ont entrainé un effondrement du trafic individuel motorisé. En France, la baisse est comprise entre 60 et 90 % selon les territoires. Pour permettre à ceux qui sont obligés de se déplacer, des villes utilisent l’espace libéré ou sont sur le point de le faire pour aménager temporairement des voies dédiées au vélo. Ce mode de déplacement est une bonne alternative aux transports publics dont l’utilisation n’enchante guère les usagers en ces temps de pandémie. Et cerise sur le gâteau, il est écologique. L’argument n’est pas futile à l’heure où les citadins, en pleine crise, redécouvrent avec bonheur le gazouillis des oiseaux.

Une idée née à l’étranger

De grandes villes dans le monde ont créé sur la chaussée des pistes cyclables « Coronavirus » : à Berlin, en Allemagne, la Zossener Strasse, dans le quartier de Kreuzberg, a été aménagée fin mars avec une bande cyclable temporaire équipée de balises d’alignement. Depuis, la ville a étendu le dispositif à une demi-douzaine d’autres rues. A Bogota, en Colombie, où la culture du vélo est une histoire ancienne, la ville a ouvert 76 kilomètres de pistes cyclables temporaires, ouvertes entre 6h et 19h30, afin de réduire la fréquentation des transports publics. Depuis, d’autres villes comme New-York ou Boston aux Etats-Unis ont emboité le pas.

En France, on y réfléchit

En France, aucune initiative de ce genre n’a encore vu le jour. Mais de grandes villes y songent pour la phase de déconfinement. A Paris, la maire (PS) Anne Hidalgo souhaite créer des pistes cyclables sur le parcours des lignes 1, 4 et 13 du métro, correspondant à des axes majeurs de déplacements, en plus des 1 000 kilomètres de voies existantes. « Il s’agit d’offrir une alternative aux usagers du métro qui ne soit pas la voiture, pour ne pas se retrouver avec plus de pollution », a-t-elle expliqué dans les colonnes du Journal du Dimanche, le 20 avril. A Toulouse, le maire (LR) Jean-Luc Moudenc n’exclut pas, lui aussi, d’adapter l’espace public. Ici, on parle d’aménagement éphémère pour limiter les déplacements en transport public. Les sites retenus ne sont pas encore connus ni les aménagements mais le maire prévient que « les possibilités seront limitées » en raison de la difficulté de faire travailler les entreprises partenaires en cette période de confinement. La métropole de Lyon veut également aménager de nouvelles pistes cyclables avec des « modulations possibles en fonction des horaires », explique David Kimelfeld, président (LREM) de la métropole. Grenoble, Montpellier ou Rennes prévoient aussi d’accélérer leurs plans vélo.

S’approprier l’espace public

Toutes les villes veulent s’inspirer de « l’urbanisme tactique ». Cette stratégie urbaine créée en 2005 à San Francisco par le Collectif Rebar, repose sur trois principes : la transformation de la ville à petite échelle, le court terme et le low-cost. À rebours des grands chantiers d’aménagement urbain, elle permet aux habitants de s’approprier l’espace public. Avec la crise du Coronavirus, ce concept prend un nouveau tournant. Certains souhaitent même que l’aménagement temporaire de la chaussée soit durable.

Faciliter l’aménagement

En attendant, pour encourager les transformations transitoires, le Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema), établissement public tourné vers l’appui aux politiques publiques, vient de mettre en ligne sur son site internet une série de recommandations. Selon lui, les artères urbaines à 2X2 ou 2X3 voies sans stationnement motorisé latéral sont particulièrement adaptées pour accueillir de tels aménagements. «Il n’existe aucune opposition juridique à une telle initiative. Il s’agit d’un changement d’exploitation de la voirie exigeant la prise d’un arrêté de circulation par l’autorité investie du pouvoir de police, au même titre que les autres mesures de police.», explique encore le Cerema. D’autres possibilités sont également envisageables, comme l’élargissement des pistes cyclables existantes ou la modification du plan de circulation. Pour aménager ces pistes temporaires, le centre d’études recommande l’usage de matériel habituellement utilisé en cas de chantier. La signalisation des aménagements cyclables peut se faire à l’aide de panneaux ou d’un marquage au sol. Simple et rapide en somme…

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