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Dans les territoires, l’économie sous perfusion

par Sébastien Fournier
Le quartier d'affaires à Toulouse

Pour éviter une catastrophe économique et sociale dans les territoires, Régions, communes et intercommunalités viennent au secours des entreprises en lien avec les aides décidées par l’Etat. Mais les collectivités vont plus loin en décidant de mesures exceptionnelles spécifiques.

Au cœur de la stratégie économique dans les territoires, les Régions sont en première ligne pour soutenir les entreprises dans le contexte de crise de Covid-19. Preuve en est, elles vont abonder de 250 millions d’euros le fonds national de solidarité initié par l’Etat. L’objectif est de soutenir financièrement les TPE et les indépendants impactés par l’épidémie. Les entreprises dont les recettes sont inférieures à 1 million d’euros et dont le chiffre d’affaires a baissé d’au moins 50 % comparé à mars 2019, percevront une indemnité forfaitaire de 1 500 euros minimum, versée par la Direction générale des finances publiques.

A titre d’exemple, l’Ile-de-France va injecter 85 millions d’euros. La Bourgogne-Franche-Comté va verser, elle, 10 millions d’euros, « à renouveler si nécessaire en cas de prolongation de la crise sanitaire », indique Marie-Guite Dufay, présidente de la région, où 20 000 entreprises sont concernées par cette aide. De son côté, la Nouvelle-Aquitaine l’abonde de 20 millions. Mais la région va plus loin, elle a créé un « fonds de rebonds stratégique » doté au total de 50 millions d’euros, incluant sa participation au fonds national de solidarité. L’enveloppe servira également à soutenir les associations en subvention directe et améliorer la trésorerie des entreprises.

Les Régions proposent des mesures spécifiques

Particulièrement touchée par la pandémie, le Grand-Est a créé le fonds « Résistance ». Il « va mobiliser 44 millions d’euros dans les prochains jours », a indiqué la région le 30 mars. Une prime d’activité pouvant aller jusqu’à 5 000 euros pourra s’ajouter aux dispositifs existants. En Provence-Alpes-Côte-d’Azur, l’exécutif prévoit une aide de 12 millions en faveur des entreprises et de la sauvegarde des emplois. « Les TPE/PME (…) représentent 95% de notre tissu économique régional », précise Renaud Muselier, président de la région. Enfin, la région Bretagne a annoncé une aide de 103,8 millions d’euros en soutien à l’activité des entreprises, dont 10 millions d’euros sont injectés dans le dispositif national de solidarité. Par ailleurs, un fonds régional de garantie, estimé à 100 millions d’euros, est créé conjointement avec BpiFrance pour permettre aux entreprises en besoin de trésorerie d’avoir un accès élargi au crédit. Un soutien direct au secteur de la pêche a également été prévu, avec 150 000 euros versés à l’Association des acheteurs des produits de la pêche.

Les métropoles veulent soutenir le tissu économique local

Les communes et intercommunalités tendent, elles aussi, la main aux entreprises. Elles sont nombreuses à avoir mis en place des cellules de crise, en lien avec les chambres consulaires selon l’Association des communautés de France (AdCF). Plus particulièrement, de nombreuses communautés et métropoles ont décidé de compléter les aides de l’Etat et des régions en direction des entreprises. Beaucoup d’entre elles ont annoncé suspendre toute pénalité de retard dans l’exécution des marchés publics, ainsi que les loyers pour les entreprises hébergées dans les locaux appartenant à la collectivité. Aussi, de nombreuses mesures sont annoncées pour alléger la fiscalité locale ou les redevances. Ces mesures peuvent concerner l’occupation du domaine public ou les impôts directs (taxe foncière, versement transport, cotisation foncière des entreprises, CVAE) ou indirects (taxe de séjour, le versement transport, taxe sur la publicité extérieure). A titre d’exemple, un plan d’urgence d’un montant de 30,7 millions d’euros a été proposé par Toulouse Métropole aux entreprises locales.

Des aides directes

La métropole de Lyon a quant à elle élaboré un plan d’aide direct de 100 millions d’euros. Chaque entreprise ayant perçu l’indemnité forfaitaire de l’Etat bénéficiera d’un complément de 1 000 euros de la part de la métropole. La collectivité lyonnaise soutient également ses exploitations agricoles tout en poursuivant l’action sociale. Elle met à disposition de la Croix-Rouge des véhicules et un lieu de stockage de 400 mètres carrés afin qu’elle se réapprovisionne auprès des exploitants. Autre exemple, à Bordeaux Métropole, les élus ont annoncé récemment la mise en place d’un fonds de soutien aux petites entreprises évalué à 10 millions d’euros. Une initiative qui s’inscrit dans le cadre du plan de la région Nouvelle-Aquitaine, dont les modalités et les critères de versement restent cependant à définir. La métropole précise qu’une enveloppe de 500 000 euros « permettra d’alimenter un fonds en faveur des associations en partenariat avec la collectivité ».

Reste à savoir si ces mesures seront suffisantes pour que les entreprises, notamment les plus fragiles, traversent la crise sans trop souffrir. Il est fort à parier que de nouvelles mesures seront nécessaires pour éviter un cataclysme économique et social.

 

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