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C40 : forte de son bilan, Anne Hidalgo passe la main et fixe des objectifs pour lutter contre le réchauffement climatique

par Sébastien Fournier
Anne Hidalgo au C40

Après quatre ans à la tête du C40, Anne Hidalgo a passé le relais au maire de Los Angeles, Eric Garcetti, en décembre 2019. L’occasion de faire un bilan de sa présidence et de fixer des objectifs pour la prochaine décennie.

C’est à Copenhague en octobre dernier que se sont réunis les maires du C40, l’organisation qui regroupait à l’origine, en 2005, 40 grandes villes dans le monde et en compte 94 aujourd’hui. Outre leur engagement à maintenir le réchauffement climatique mondial sous l’objectif d’1,5°C fixé par l’Accord de Paris, ils ont lancé la « Nouvelle Alliance Verte » pour la reconnaissance de la situation d’urgence climatique. Ce fut l’occasion pour Anne Hidalgo, la maire de Paris, de dresser un bilan de ses quatre années de présidence du C40, avant de faire monter à la tribune son prédécesseur Michael Bloomberg, ancien maire de New York et son successeur Eric Garcetti, maire de Los Angeles. Elle l’a d’ailleurs appelé « mon incroyable partenaire olympique », faisant référence à leur travail conjoint pour accueillir les JO, en 2024 à Paris et en 2028 dans la Cité des Anges.

Davantage de femmes maires

Dans son discours, la maire de Paris a rappelé que la raison d’être du C40 est de partager la vision commune : « penser globalement, mais agir localement » en faveur du climat. Sous sa présidence, près de 100 villes se sont engagées au sein de l’organisation. En tant que première femme à sa tête, Anne Hidalgo a cité l’initiative Women4Climate et a rappelé : « J’ai lancé le programme pour éveiller les consciences sur l’impact des changements climatiques sur les femmes et pour reconnaître leur rôle dans l’émergence d’un futur durable. » Sans compter qu’en 2016, au début de sa présidence, seulement 4 femmes étaient maires de grandes villes alors qu’elles sont 20 aujourd’hui « à la tête de métropoles emblématiques ». « Elles ont cassé le plafond de verre localement mais, globalement, elles représentent des modèles pour des millions de filles » a-t-elle poursuivi.

Contrer le permis de polluer de la Commission européenne

Devant une salle convaincue à la cause, Anne Hidalgo a évoqué les actions mises en œuvre partout sur la planète : les véhicules diesel doivent disparaître de certaines villes d’ici 2025, Paris et Mexico s’y sont engagées, Tokyo l’a déjà fait. De plus, le nouveau programme sur la qualité de l’air du C40 doit garantir que les voitures les plus polluantes soient bannies des rues. Elle a cité aussi le procès devant la Cour européenne de justice en 2018 pour faire annuler le permis de polluer donné par la Commission européenne aux constructeurs automobiles. « Je pense que les maires devraient conduire la lutte pour créer une justice climatique internationale afin de contraindre les État à honorer leurs engagements, en particulier les accords de Paris. »

Le défi : sauver la planète

La présidente sortante a fixé des objectifs : donner un prix équitable au carbone et créer des écoles du changement climatique pour les jeunes. « Notre survie dépend de nos actions, nous le savons : dans la prochaine décennie, nous devons accélérer et mobiliser une plus grande coalition d’acteurs », a insisté l’ancienne présidente, qui s’est adressé à son successeur, Eric Garcetti, « the right man at the right place : vous aurez l’exceptionnelle responsabilité de tenir le cap vers un futur durable et inclusif ». Pour Anne Hidalgo, la nationalité américaine du nouveau président est importante alors que le gouvernement fédéral a décidé de quitter l’accord de Paris. Prenant la parole après la maire de Paris, Eric Garcetti a appelé quant à lui à un green new-deal global et à une décennie d’actions contre « la catastrophe écologique et la dislocation économique ». Optimiste, il a estimé que les villes réunies au sein du C40 peuvent gagner ce combat car « il n’y a pas de groupe plus puissant qui s’occupe de la question », faisant allusion à des relations transnationales « cassées ». Pour lui, le moment est venu de sauver la planète !

Le réchauffement climatique, enjeu d’une guerre de générations ?

En décembre dernier, le maire de Los Angeles Eric Garcetti a pris la présidence du C40. Il a affirmé à propos du réchauffement climatique : « Nous l’avons vu venir, des voix nous ont alertés, mais la génération qui est venue avant nous a échoué à agir : des leaders économiques aux hommes politiques, certains ont ignoré les preuves, d’autres les ont cachées et la plupart ont souhaité qu’il disparaisse de lui-même. Aujourd’hui nous pouvons le voir. » Cette accusation contre la génération au pouvoir qui n’a rien fait est désormais résumée par une expression, très populaire sur les réseaux sociaux : « OK, boomer », que l’on pourrait traduire par « d’accord, mon vieux ».

La formule est devenue virale après qu’une députée néo-zélandaise des Verts, Chlöe Swarbrick (25 ans), l’a adressée au Parlement à l’un de ses homologues. Elle a alors ajouté : « Les institutions politiques actuelles se sont avérées incompétentes pour penser autrement qu’à court terme politique. » Chocking ?

 

 

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