Derrière le bulletin municipal se joue aussi l’avenir des intercommunalités. Alors que moins d’un Français sur trois sait qu’il élit également ses représentants intercommunaux lors des municipales, Intercommunalités de France lance une campagne de sensibilisation pour éclairer les électeurs sur un enjeu démocratique encore trop souvent invisible.
Par Sébastien Fournier
Les 15 et 22 mars prochains, les Français n’auront qu’un seul bulletin entre les mains. Pourtant, derrière ce vote unique se cachent deux niveaux de décision : la commune et l’intercommunalité. En effet, dans les communes de plus de 1 000 habitants, si les électeurs vont élire leurs conseillers municipaux, ils vont désigner dans le même temps, par le mécanisme du fléchage, les conseillers appelés à siéger au sein de leur intercommunalité. Un fonctionnement démocratique essentiel, mais encore largement ignoré d’une majorité de Français.
Le constat est sans appel. Selon l’étude IFOP réalisé en septembre 2025 pour Intercommunalités de France, seuls 31 % des Français connaissent le fléchage. Un déficit de compréhension démocratique d’autant plus problématique que les intercommunalités exercent aujourd’hui des compétences centrales : développement économique, mobilité, aménagement, transition écologique, gestion des déchets…
Une campagne pour réconcilier les citoyens avec l’intercommunalité
Pour répondre à cet impératif démocratique, Intercommunalités de France déploie à compter d’aujourd’hui une large campagne de communication digitale, articulée autour de vidéos pédagogiques, d’un document explicatif et de contenus destinés aux réseaux sociaux. L’objectif : expliquer simplement ce qui se joue derrière le couple commune-intercommunalité et redonner du sens au vote.
Deux partenariats viennent renforcer cette démarche : avec Jamy Gourmaud, pour vulgariser les mécanismes institutionnels, et avec Brut, à travers une interview du constitutionnaliste Benjamin Morel, afin de toucher un public plus jeune et plus large.
Les Français en demande de plus de démocratie locale
Le sondage Ifop réalisé pour Intercommunalités de France révèle par ailleurs une attente claire : 88 % des Français estiment que les candidats à la présidence de l’intercommunalité devraient se déclarer en amont. Une demande de transparence qui traduit le besoin de mieux relier le vote à un projet politique intercommunal lisible.
Les critères qui pèseront dans le choix des électeurs lors des prochaines municipales et intercommunales sont d’ailleurs très concrets : sécurité, immigration, transition écologique ou encore situation internationale figurent parmi les thèmes jugés déterminants, y compris à l’échelle locale.
À l’approche de mars 2026, une chose est sûre : l’intercommunalité n’est pas un angle mort de la démocratie locale, mais elle reste un objet politique à apprivoiser. La question n’est donc plus seulement de savoir comment on vote, mais pour quoi et pour qui.
Alors, les Français seront-ils demain au fait du vote intercommunal ? C’est en tout cas ce que veut croire Intercommunalités de France.
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