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Malaise chez les maires

par Sébastien Fournier
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Par Sébastien Fournier

Qu’on se le dise ! « Il n’y a pas de crise de vocation chez les maires » selon le politologue Martial Foucault. La grande enquête qu’il a coordonnée sur les intentions des élus pour les élections municipales de 2026*, rendue publique cette semaine, semble le démontrer. En effet, 41,7 % d’entre eux se déclarent prêts à se représenter. Un résultat en baisse de 6 points par rapport à 2019 mais qui ne témoigne pas d’une désaffection profonde.

Pourtant, si les maires restent relativement motivés, bon nombre d’entre eux ont décidé de jeter l’éponge, accablés par une charge de travail insoutenable et une pression financière croissante. Le nombre de démissions depuis 2020 ne cesse d’augmenter. On en comptabilise aujourd’hui 2 400 surtout dans les petites communes.

Pas de crise de vocation, certes, mais un malaise pour une fonction locale autrefois prestigieuse.

Perte d’influence

La décentralisation, supposée renforcer les pouvoirs locaux, aurait-elle échoué à garantir un équilibre entre les ambitions des territoires et les moyens de les mettre en œuvre ? On peut s’interroger. De plus, l’incessante dégradation des conditions de vie des élus, entre violences verbales, menaces, et pressions politiques, rend la fonction de maire de plus en plus ingrate. À cela s’ajoute un défi majeur : celui de la reconnaissance. Alors que le maire reste l’acteur clé dans la gestion quotidienne des territoires, son rôle est peu valorisé à l’échelle nationale, pris en étau entre des réformes mal calibrées, décidées d’en haut, et des exigences de plus en plus lourdes. Et c’est sans compter le non-cumul des mandats qui lui fait perdre de l’influence au niveau national.

Résultat : des maires démissionnaires, fatigués, et une fracture de plus en plus nette entre les réalités locales et les aspirations nationales. Ce constat, loin d’être anecdotique, constitue une véritable alerte sur la déstabilisation du modèle républicain local. Il est grand temps que la République reconsidère la place de l’élu local et lui redonne les moyens de mener sa mission avec dignité et efficacité.

* Étude menée du 3 au 31 mars par le Cevipof-Sciences Po en partenariat avec le ministère de l’Aménagement du territoire et de la décentralisation, l’Association des maires de France, l’Association des maires ruraux de France, l’Association Villes de France, l’Association des petites villes de France, Intercommunalités de France, France Urbaine, les délégations collectivités territoriales et décentralisation du Sénat et de l’Assemblée nationale.

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