Volet important des politiques publiques, l’innovation permet aux métropoles de se projeter dans l’avenir. Et de soutenir entreprises ou organismes porteurs de potentiel. Tour d’horizon des actions entreprises.
Par Marc Fressoz
Sport, écologie, santé…. Si Clermont Auvergne Métropole apporte son soutien à des projets variés, son optique reste la même. Preuve en est, son dispositif « Clermont Innovation / Recherche-Action », pensé pour faire émerger des idées nouvelles. Il en résulte un territoire ouvert à l’expérimentation, où l’audace est bienvenue, du moment qu’elle le serve. En 2022, il a ainsi soutenu à hauteur de 35 000 euros le programme PETONCLE en faveur d’une meilleure gestion des arbres en ville, mené par le Laboratoire de physique et physiologie intégrative de l’arbre en environnement fluctuant de l’INRAE. Pendant 18 mois, le quartier de Saint-Jacques Nord de Clermont a servi de laboratoire pour étudier les arbres urbains qui jouent un rôle de plus en plus important dans le cadre de la régulation de la température, captation des eaux de ruissellement, filtration de l’air, fixation du carbone et maintien de la biodiversité. Le projet a permis d’identifier les caractéristiques écophysiologiques des espèces présentes et futures, et de créer un plan de gestion pour les nouvelles plantations. « Un livret regroupant la méthodologie de recherche sur les caractéristiques physiologiques, mécaniques et morphologiques des arbres urbains a été élaboré », explique la métropole.
En collaboration avec l’Université Clermont Auvergne, un simulateur virtuel avec lunettes 3D a permis de suivre 200 jeunes licenciés. Son objectif : adapter les séances d’entraînement et détecter de futurs talents.
Détecter de futurs talents sportifs
Cette dernière a d’autres acquis à son actif. Comme Neurosport, un projet porté par l’Association sportive montferrandaise et le Laboratoire AME2P, axé sur les capacités perceptivo-cognitives dans la performance sportive. En collaboration avec l’Université Clermont Auvergne, un simulateur virtuel avec lunettes 3D a permis de suivre 200 jeunes licenciés. Son objectif : adapter les séances d’entraînement et détecter de futurs talents. Du côté des séniors, la Métropole soutient en outre le projet RéseautAGE qui implique différents partenaires (Centre communal d’action sociale, Mutualité française, INRAE). Celui-ci vise à créer un réseau nutrition-santé pour améliorer la vie des plus de 55 ans. Le projet devrait s’étendre au niveau départemental et régional. Enfin, une autre action vise à combler le manque d’outils destinés à accompagner les personnes déficientes visuelles dans l’espace urbain.
L’action de la métropole de Rouen consiste à faire de la place pour accueillir des entreprises innovantes au sein d’un écosystème propice à leur développement.
En Normandie, la métropole Rouen Normandie n’est pas en reste dans la santé. Ce secteur entre en effet dans les orientations stratégiques de la collectivité à côté de la transition écologique et la production de services et produits à forte valeur ajoutée (Écotechnologies, numérique, habitat, environnement…). Plus classique que celle de Clermont-Ferrand, l’action de la métropole de Rouen consiste à faire de la place pour accueillir des entreprises innovantes au sein d’un écosystème propice à leur développement. À ce titre, elle a créé le réseau Rouen Normandie Création, une offre de services d’hébergement et d’accompagnement des jeunes créateurs.
En 2024, elle a par exemple inauguré une cinquième pépinière, Seine Néopolis, au cœur du Campus santé de Rouen, à deux pas de Seine Biopolis, de l’Université et du CHU Charles-Nicolle. Les développeurs de projets y disposent désormais d’un lieu de travail et d’accompagnement de 1 200 m². Parmi les locataires, on recense l’entreprise Esploratis Médical ou encore, Normandie Incubation qui accompagne des start-up. Au total, Rouen Normandie Création propose huit sites répartis dans six communes, soit cinq pépinières et trois hôtels d’entreprises. « Ce réseau est l’un des acteurs principaux dans le parcours d’une création entreprise sur la Métropole, souligne le réseau. Il rassemble aujourd’hui 140 entreprises et plus de 1 000 emplois ».
Blue Innovation
En Bretagne, Rennes Métropole s’est très tôt lancée dans le même type de politique, étendant dans un second temps son dispositif d’accueil de start up à Saint-Malo Agglomération. Baptisé Rennes St Malo Lab, ce laboratoire grandeur nature permet d’expérimenter des solutions dans plusieurs domaines, telles la cyber sécurité et l’ E-santé. Le Poool, une communauté de l’innovation labelisée French Tech, anime le dispositif et mobilise ses partenaires pour accompagner les entreprises souhaitant tester un nouveau produit ou service. Il dispose également d’un fonds d’avances remboursables pour les PME innovantes.
Sur la Côte d’Azur, la métropole de Nice fait de l’économie de la mer une de ses thématiques phares. Elle entend devenir « un leader dans la protection environnementale grâce à l’innovation et à l’adoption de nouvelles technologies »
Sur la Côte d’Azur, la métropole de Nice fait de l’économie de la mer une de ses thématiques phares. Elle entend devenir « un leader dans la protection environnementale grâce à l’innovation et à l’adoption de nouvelles technologies », énonce-t-elle. En témoigne son Blue Innovation Challenge qui a connu sa troisième édition en 2024, gratifiant les entreprises choisies d’un soutien financier compris entre 30 000 € et 60 000 €.
Une panoplie de soutiens
La première édition a permis de développer un système de surveillance quant à la qualité des eaux de baignade en temps réel (Bioceanor), une serre connectée, automatisée pour la transformation de microalgues en ingrédients destinés à l’aquaculture (Inalve), ou encore un démonstrateur de détection d’intrusion de drones sous-marin (MyDataModels/Thales). La métropole niçoise déploie aussi tout une panoplie de soutiens à des sociétés jugées prometteuses : dispositifs d’amorçage, programmes d’accélération, mise en réseau et accompagnement, y compris à l’international, notamment sur des salons comme le CES Las Vegas et le Websummit à Lisbonne.
La Métropole de Toulouse s’est employée à dégager du foncier – en aménageant, commercialisant et investissant – afin de favoriser l’attractivité de ses quatre différents campus : Toulouse Aérospace, le Campus Santé du futur – Oncopole, le campus Francazal dédié aux mobilités innovantes et décarbonées, et enfin, le campus Matabiau dédié au numérique, à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité.
Puissante capitale de l’aéronautique, la métropole de Toulouse travaille à entretenir et développer l’écosystème constitué autour de cette activité tout en veillant à diversifier son économie. Dans cette optique, à côté des dispositifs classiques utilisés pour favoriser l’innovation, l’utilisation presqu’industrialisé d’un bras armé foncier la distingue des autres. La Métropole s’est employée à dégager de l’espace – en aménageant, commercialisant et investissant – afin de favoriser l’attractivité de ses quatre différents campus : Toulouse Aérospace, le Campus Santé du futur – Oncopole, le campus Francazal dédié aux mobilités innovantes et décarbonées, et enfin, le campus Matabiau dédié au numérique, à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité. La métropole aux près de 120 000 étudiants, dispose d’un sacré potentiel.
Enfin, la métropole du Grand Paris revendique, quant à elle, la mise en place en 2023 des plus grands projets d’expérimentation urbaine européen. Le dispositif « Quartiers métropolitains d’innovation » s’inscrit ainsi dans une stratégie globale de soutien aux communes métropolitaines. Complexe dans son montage, il associe plusieurs acteurs du territoire : Paris&Co et Choose Paris Region mais également, la Banque des territoires et l’Institut Paris Region.
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