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Les grandes villes chiffrent la casse budgétaire

par Sébastien Fournier
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À l’approche des débats sur la loi de finances 2026, les grandes villes et intercommunalités urbaines montent au créneau. France urbaine publie une étude chiffrant l’impact de la LFI 2025 à 5,7 milliards d’euros pour les collectivités. En pleine période estivale, le message est clair : les territoires ont déjà donné. À l’État désormais d’entendre l’alerte.

Par Sébastien Fournier

À la veille des débats de l’automne sur le projet de loi de Finances 2026, les grandes villes et métropoles membres de France urbaine prennent les devants. Leur message est limpide : les mesures de la loi de finances 2025 pèsent lourd sur l’action publique locale, et les perspectives 2026 s’annoncent tout aussi contraignantes. Une étude menée entre mars et juin 2025 par France urbaine chiffre l’impact de la LFI 2025 à 5,7 milliards d’euros pour les collectivités territoriales. La facture représente 1,5 % des recettes de fonctionnement pour les communes membres de France urbaine, et 3,9 % pour les intercommunalités urbaines.

CNRACL, TVA, DILICO : un cocktail explosif

Dans le détail, les mesures les plus impactantes sont bien identifiées : la hausse progressive des cotisations employeurs à la CNRACL – à hauteur de 922 millions d’euros pour les territoires urbains sur quatre ans –, le gel de la TVA, qui prive les EPCI de 370 millions d’euros dès 2025, ou encore la baisse de la DCRTP… Quant au prélèvement DILICO, il est vécu comme un dispositif injuste, plafonné à 2 % des recettes mais appliqué mécaniquement à la quasi-totalité des intercommunalités, sans prise en compte de leur niveau d’intégration.

Huit leviers pour équilibrer les comptes

Face à cette pression budgétaire, les collectivités n’ont eu d’autre choix que d’activer plusieurs leviers : dégradation des ratios de solvabilité (78 % des répondants), gel ou suppression de postes, report d’investissements, réduction des subventions aux partenaires externes, ou encore baisse ciblée de l’offre de services publics. D’autres stratégies portent sur l’optimisation des recettes non fiscales, la valorisation du patrimoine, ou la lutte contre les impayés. En toile de fond : la recherche constante d’équilibre, alors même que 2025 correspond au pic d’engagement des dépenses d’investissement du mandat qui s’achève.

Une mise en garde avant 2026

Le message est clair : à force de ponctions et de mesures unilatérales, la soutenabilité de l’action publique locale est menacée. Alors que les collectivités sont en première ligne pour conduire la transition écologique et préserver les solidarités, France urbaine appelle à un véritable tournant budgétaire. Le débat parlementaire sur la loi de finances 2026, attendu à l’automne, devra entendre cet avertissement. Un rappel salutaire, au cœur de l’été, alors que les arbitrages gouvernementaux sont en cours.

Lire l’étude : Conséquences de la LFI 2025 pour les membres de France urbaine 

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