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InSpiration : pour changer de regard sur la fabrique de la ville

par Sébastien Fournier
Temps de lecture : 4 minutes

InSpiration est un cercle de réflexion créé à l’initiative du groupe immobilier Spirit. Chaque année, élus, experts et professionnels de la ville s’y retrouvent pour confronter leurs idées et imaginer des solutions concrètes face aux défis urbains. Entre sobriété foncière, immobilier 4.0 et conciliation emploi/logement, Arnaud Bekaert, directeur général du groupe, revient sur ce cercle qui défend une vision optimiste et pragmatique de la ville de demain.

Propos recueillis par Sébastien Fournier

Pouvez-vous nous présenter le cercle de réflexion InSpiration que le groupe Spirit a initié ? Quelle est son ambition, et depuis quand existe-t-il ?

Le cercle de réflexion InSpiration est une initiative que nous avons lancée il y a maintenant trois ans. On en est à la troisième édition. Chaque année, nous organisons plusieurs réunions, avec des acteurs de la ville : élus (sénateurs, députés), architectes, bureaux d’études, monde environnemental, juridique, économique, social, et les maires aussi bien sûr.

Nous sélectionnons les participants selon les sujets abordés et leur capacité à y contribuer. Chaque édition est construite autour d’une thématique annuelle. On se réunit trois ou quatre fois dans l’année, sur des sessions de plusieurs heures.

« L’objectif est que chacun s’exprime librement, dans un cadre décontracté, sur ses convictions, ses expériences, et ses visions. Cela nous permet, chez Spirit, de mieux écouter les préoccupations des territoires et de co-construire des solutions, à la croisée du public et du privé »

L’objectif est que chacun s’exprime librement, dans un cadre décontracté, sur ses convictions, ses expériences, et ses visions. Cela nous permet, chez Spirit, de mieux écouter les préoccupations des territoires et de co-construire des solutions, à la croisée du public et du privé. Les solutions proposées sont d’ailleurs expérimentées par Spirit Grands Projets, notre filiale dédiée aux projets mixtes d’envergure.

Quels sont les thèmes qui ont été traités lors des précédentes éditions ?

La première édition, avec comme élu de référence Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire de Mennecy (91), portait sur le ZAN (Zéro Artificialisation Nette). Pas pour s’en plaindre, mais pour identifier les opportunités qu’il peut créer. Elle était d’ailleurs intitulée ZAN, terres d’opportunités. Nous avons, par exemple, travaillé sur le diagnostic foncier, mis en œuvre sur notre projet à Orly (94). Il s’agit d’analyser des sols totalement imperméabilisés pour évaluer les bénéfices possibles de leur désartificialisation.

Autre piste développée : la création d’une SEM de projet, c’est-à-dire un partenariat public-privé qui permet d’associer les collectivités à l’opération sans qu’elles aient à s’engager directement financièrement. Nous avons également développé des solutions autour de la conciergerie urbaine, des services de proximité, de la compensation foncière…

Et la deuxième édition ?

La deuxième édition portait sur l’immobilier 4.0, autour de la numérisation du secteur. Grégoire de Lasteyrie, maire de Palaiseau (91), était notre élu référent, avec Denis Larghero, maire de Meudon (92), et Stéphan De Faÿ, directeur général de Grand Paris Aménagement.

Ce fut l’occasion d’évoquer nos projets, notamment une micro-forêt connectée à Mantes-la-Jolie (78) : on mesure la température, l’humidité, les effets de rafraîchissement… C’est pédagogique et technologique à la fois. Nous avons également réfléchi à l’intensité d’usage dans les copropriétés, avec l’idée que la copropriété achète des locaux partagés pour générer de nouveaux usages collectifs. Enfin, nous avons abordé notre projet à Gargenville (78) où l’ensemble sera construit en bois, en hors-site.

« On s’interroge sur la possibilité de relancer une forme de 1 % patronal. Beaucoup de salariés ne peuvent ni acheter ni accéder au logement social. Il faut donc des outils privés adaptés au cadre réglementaire pour leur permettre de se loger »

La troisième édition est-elle en cours ?

Oui, nous réfléchissons actuellement à la conciliation emploi/logement, avec la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone. L’idée, née post-Covid, est de repenser le logement des travailleurs essentiels (santé, services) au plus près de leur lieu d’activité, notamment dans les zones rurales.

On s’interroge sur la possibilité de relancer une forme de 1 % patronal. Beaucoup de salariés ne peuvent ni acheter ni accéder au logement social. Il faut donc des outils privés adaptés au cadre réglementaire pour leur permettre de se loger.

Deux réunions ont déjà eu lieu, une au Sénat, et l’autre récemment, à la mairie du 17e arrondissement.

La conversion d’actifs immobiliers est-elle également un axe de travail ?

Pas directement dans le cadre d’InSpiration, mais oui, au sein du groupe Spirit. Notre filiale Spirit Rehab est dédiée à la transformation d’actifs obsolètes en hôtel, résidence gérée ou encore en logements.

Un exemple : à Paris 15e, rue Paul Barruel, nous transformons un ancien immeuble de bureaux du ministère de l’Agriculture en appart’hôtel. C’est une reconversion utile et économiquement viable, portée par un propriétaire qui a fait le choix de réinvestir dans un actif devenu sans valeur. Ce n’est pas simple, surtout avec les équilibres économiques qui rendent l’équation parfois très complexe. Mais nous y travaillons.

« Je crois aussi à la verticalisation, même si c’est polémique en France. Cela permet de préserver les sols, de créer de la mixité, de rapprocher les services »

Quelle est votre vision de l’avenir des villes ?

Je suis d’un naturel optimiste, même si le contexte est compliqué. Le marché souffre, c’est vrai. Mais je crois en des villes plus pacifiées, moins dépendantes de la voiture, avec davantage de transports en commun et de mobilités douces.

Je crois aussi à la verticalisation, même si c’est polémique en France. Cela permet de préserver les sols, de créer de la mixité, de rapprocher les services… Londres est un bon exemple : une ville mixte, avec des quartiers bas et d’autres plus hauts.

Il faut aussi penser la ville autrement, avec plus de frugalité. Ce n’est pas de la décroissance. C’est une consommation plus raisonnée, plus locale, mieux adaptée aux besoins réels. Cette sobriété peut être une réponse à beaucoup de nos défis urbains.

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