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Dix ans de Métropole du Grand Paris : une décennie pour convaincre

par Sébastien Fournier
Temps de lecture : 2 minutes

Le 1er janvier 2026, la Métropole du Grand Paris fêtera ses dix ans. Née dans la complexité institutionnelle et les incertitudes politiques, elle a su, en une décennie, s’imposer comme un acteur efficace. Gouvernance partagée, transition écologique, projets structurants : la MGP a fait son chemin. Mais son avenir reste suspendu à des choix politiques clairs.

Par Sébastien Fournier

Créée le 1er janvier 2016 dans un climat de tensions politiques et d’incertitudes institutionnelles, la Métropole du Grand Paris (MGP) célèbre en 2026 sa première décennie d’existence. Portée sur les fonts baptismaux par la loi MAPTAM de 2014, dans une région marquée par l’émiettement communal et la compétition interterritoriale, la MGP a dû trouver sa place dans un paysage déjà saturé de structures : intercommunalités, État, région, départements, territoires. Une gageure.

Dix ans plus tard, force est de constater que la Métropole a su exister, s’affirmer et progressivement convaincre. En rassemblant 130 communes et plus de 7 millions d’habitants, elle est devenue un échelon reconnu du pilotage territorial. Sa gouvernance collégiale, fondée sur le consensus, lui a permis d’avancer sans heurts : plus de 98 % des délibérations sont adoptées à l’unanimité, y compris les budgets. Cette méthode a conduit à l’élaboration de documents stratégiques majeurs, comme le Plan Climat Air Énergie Métropolitain (2018) ou le Schéma de Cohérence Territoriale (2023), qui ont structuré l’action métropolitaine.

« Inventons la Métropole »

La Métropole a également investi le terrain. Avec ses appels à projets « Inventons la Métropole », elle a soutenu près de 90 opérations d’aménagement innovantes. Elle a lancé des dispositifs en faveur de la rénovation énergétique, de la biodiversité ou de la mobilité durable. Elle a créé une foncière pour revitaliser les centres-villes, appuyé les franchissements de coupures urbaines et contribué à la réussite des Jeux olympiques de Paris 2024 en livrant à temps le Centre aquatique olympique et en animant des zones de célébration sur tout le territoire.

Le chemin n’a pas été sans embûches. Son budget — 3,7 milliards d’euros — reste très largement redistribué aux communes. Le remplacement de la CVAE par une fraction de TVA, et la baisse continue des dotations, ont fragilisé ses marges de manœuvre. En 2025, la Métropole a dû recourir à l’emprunt pour maintenir son niveau d’investissement.

Le chemin n’a pas été sans embûches. Son budget — 3,7 milliards d’euros — reste très largement redistribué aux communes. Le remplacement de la CVAE par une fraction de TVA, et la baisse continue des dotations, ont fragilisé ses marges de manœuvre. En 2025, la Métropole a dû recourir à l’emprunt pour maintenir son niveau d’investissement.

Malgré cela, un « fait métropolitain » s’est imposé. Un espace de dialogue s’est construit entre maires, techniciens, institutions, tissant une culture commune là où prévalait la méfiance. Pour Patrick Ollier, président de la MGP depuis l’origine, « la Métropole est une aventure collective, faite de respect mutuel et de vision partagée ». Et demain ? L’acte II espéré passe par une clarification des compétences, un renforcement des moyens et une reconnaissance de son rôle de chef d’orchestre dans la transition écologique du cœur francilien.

À l’horizon 2030, la Métropole devra consolider ses politiques structurantes : climat, logement, économie circulaire… Et continuer à faire ce qu’elle a su bâtir : de la cohérence, du lien, du sens métropolitain. Dix ans, c’est peu dans une vie institutionnelle. Mais c’est assez pour prouver que l’idée d’un Grand Paris coopératif et solidaire n’était pas une utopie.

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