Entretien avec Annelise Avril, présidente du GIE Objectif Transport Public.
Alors que la première édition du Mobco, le salon des acteurs du transport public, s’est tenu à Paris du 9 au 11 juin, Annelise Avril, présidente du GIE Objectif Transport Public, organisateur de l’événement, revient sur les enjeux qui dépassent largement la seule question des déplacements. Cohésion territoriale, attractivité, adaptation au changement climatique, data et innovation : les collectivités disposent d’un puissant outil d’action, à condition de pouvoir le financer et l’adapter aux défis à venir.
Propos recueillis par Nadia Gorbatko
Pourquoi avoir choisi de fusionner les Rencontres nationales du transport public (RNTP) et European Mobility Expo (EuMo Expo) ?
Ces deux évènements distincts avaient été créés pour des publics différents par le Groupement des autorités responsables de transport (GART), d’une part, et par l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF), d’autre part, tous deux associés au sein du GIE Objectif Transport public. Ils avaient lieu alternativement tous les deux ans. Mais nous nous sommes aperçus qu’il existait de plus en plus de convergence entre ces publics et que cette distinction n’avait plus vraiment lieu d’être.
Une occasion d’adopter un nouveau format ?
En effet, à cette occasion, nous avons souhaité faire un pas de côté en élargissant le panel des invités susceptibles de nourrir et d’éclairer les réflexions des visiteurs ; comme c’est le cas du chef cuisinier Thierry Marx ou de la glaciologue Heïdi Sevestre. Nous diversifions aussi les formats – tables-rondes, atelier, conférence… – en fonction de la finalité de ces interventions. Quant aux thématiques abordées, nous couvrons celles qui se trouvent au cœur des enjeux des territoires et de leur écosystème, à l’échelle macro comme à l’échelle locale. Nous ferons une place aux sujets transversaux au cœur de l’actualité, tels que la souveraineté industrielle ou l’ouverture à la concurrence du ferroviaire, et aux outils omniprésents comme le numérique, ainsi qu’à l’innovation. Un nouveau prix pour les « territoires pionniers » a par ailleurs été créé. Nous avons reçu beaucoup de candidatures intéressantes et avant-gardistes, sources d’inspiration.
« La mobilité permet de faire la couture entre les différentes pièces du patchwork local, de relier les habitants. Elle impacte aussi considérablement leur quotidien. C’est le droit des droits. »
Quelle est la première préoccupation des nouvelles équipes municipales selon vous en matière de mobilité ?
Je dirais que c’est l’équité et la cohésion territoriale. La mobilité permet de faire la couture entre les différentes pièces du patchwork local, de relier les habitants. Elle impacte aussi considérablement leur quotidien. C’est le droit des droits. Sans elle, pas d’accès au soin ou au travail. Mais elle peut également représenter un levier pour revitaliser les centres bourgs en cours de désertification, pour rendre un territoire plus attractif et séduire les d’entreprises. D’une manière plus générale, les élus attendent des solutions concrètes au service de leur territoire. Cependant leur cadre financier contraint les empêche d’activer tous les leviers souhaités.
A l’inverse quel sujet peine à s’imposer ?
La prise en compte de l’adaptation au changement climatique n’est pas encore arrivée à maturité, même si les évènements extrêmes récents, les inondations, les tempêtes, les canicules, ont joué un rôle de révélateur avec des conséquences directes sur l’autonomie des flottes de véhicules électriques, par exemple, ou sur les infrastructures. Ces dernières ne sont pas pensées pour des manifestations climatiques de cette ampleur. Pas plus que les ateliers ou les dépôts. Comment les rendre résilients ? On commence à en discuter. Les retours d’expérience de plus en plus nombreux permettront d’alimenter les réflexions.
Quelle place pour la data ?
Jusqu’à présent, elle concernait plutôt des cas d’usage un peu limités. Aujourd’hui, les outils qui l’utilisent prennent leur essor sur un champ beaucoup plus large qu’avant. Il peut s’agir d’applications en temps réel comme d’applications à vocation prédictives, sur l’affluence à bord des transports en commun, par exemple, ou sur le vieillissement du matériel roulant, des batteries… Cette tendance va s’accentuer car on produit de plus en plus de données.
Quels sont les enjeux du GIE Objectif Transport Public cette année ?
Déjà réussir le Mobco et l’installer dans le paysage comme un incontournable pour les acteurs de la mobilité. Ensuite mener à bien la « Rentrée du Transport Public » que l’on organise chaque année pour promouvoir les transports en commun. La prochaine sera axée sur le thème de la santé. En effet, prendre les transports publics plutôt que de faire les trajets en voiture permet de lutter contre la sédentarité. Une partie du parcours se fait forcément à pied ou à vélo.
Le GIE Objectif Transport PublicDepuis 2005, le GIE Objectif Transport Public réunit le Groupement des autorités responsables de transport (GART) et l’Union des transports publics et ferroviaires (UTPF). |

